La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) poursuit le renouvellement de ses principales institutions. Réunis lors de leur sommet à Freetown, les chefs d’État et de gouvernement ont nommé le Gambien Mam Cherno Jallow au poste de Directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), l’agence spécialisée de la CEDEAO chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Cette nomination intervient dans un contexte où la sécurité financière est devenue un enjeu majeur pour l’Afrique de l’Ouest. Les flux financiers illicites, le financement des groupes terroristes, le développement des réseaux criminels transnationaux et l’essor des nouvelles technologies financières imposent aux États de renforcer leurs mécanismes de contrôle et de coopération.
Une institution au cœur de la sécurité régionale
Créé en 2000, le GIABA est l’un des piliers de l’architecture institutionnelle de la CEDEAO en matière de gouvernance financière. Sa mission consiste à accompagner les États membres dans la mise en œuvre des normes internationales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en conformité avec les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI).
Au-delà de son rôle d’évaluation des dispositifs nationaux, le GIABA assure également des activités de formation, d’assistance technique et de coordination entre les cellules nationales de renseignement financier. Son action contribue à renforcer la transparence des systèmes financiers et à préserver la crédibilité des économies ouest-africaines auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.
Des défis croissants pour le nouveau Directeur général
En prenant la direction du GIABA, Mam Cherno Jallow hérite d’une institution confrontée à des défis de plus en plus complexes. L’expansion des réseaux criminels, la numérisation des services financiers, l’utilisation des cryptoactifs et les circuits financiers clandestins exigent des réponses plus coordonnées à l’échelle régionale.
Le nouveau Directeur général devra notamment accélérer l’harmonisation des cadres juridiques entre les États membres, renforcer les capacités des autorités nationales et développer les échanges d’informations entre les institutions chargées de la lutte contre la criminalité financière.
La coopération avec les organisations internationales, les banques de développement et les partenaires techniques constituera également un levier essentiel pour améliorer l’efficacité des dispositifs régionaux.
Une nomination dans le cadre du renouvellement des institutions de la CEDEAO
La désignation de Mam Cherno Jallow s’inscrit dans le vaste renouvellement des organes communautaires décidé par les chefs d’État pour le mandat 2026-2030. À cette occasion, plusieurs autres responsables ont été nommés à la tête des institutions de la CEDEAO, dans le but de renforcer la gouvernance régionale et d’adapter l’organisation aux nouveaux défis de l’intégration ouest-africaine.
Au-delà d’un changement de leadership, cette nouvelle équipe est appelée à accompagner les priorités de la CEDEAO dans des domaines aussi variés que la paix et la sécurité, l’intégration économique, la transformation numérique, la santé et le développement humain.
Un enjeu majeur pour la crédibilité financière de la région
Dans un contexte marqué par la montée des risques sécuritaires et l’intensification des flux financiers transfrontaliers, le GIABA joue un rôle de plus en plus stratégique. La capacité de l’Afrique de l’Ouest à prévenir le blanchiment de capitaux et le financement des activités criminelles conditionne non seulement la stabilité de ses systèmes financiers, mais aussi son attractivité économique.
La nomination de Mam Cherno Jallow traduit ainsi la volonté de la CEDEAO de consolider son dispositif de gouvernance financière et de renforcer la coopération entre les États membres face à des menaces qui dépassent largement les frontières nationales. Pour le nouveau Directeur général, le défi sera de faire du GIABA un acteur encore plus efficace dans la protection de l’intégrité financière de l’espace communautaire et dans la promotion d’une croissance économique fondée sur la transparence, la confiance et la bonne gouvernance.








