La Belgique, en tant que pays européen à l’influence diplomatique notable – notamment en raison de sa position à Bruxelles, capitale de l’Union européenne – constitue un partenaire stratégique pour le Sénégal. Cette relation permet à notre pays de renforcer sa présence en Europe et de bénéficier d’un accès privilégié aux cercles de décision de l’UE, notamment en matière de commerce, d’investissements et de coopération au développement. De plus, la Belgique joue un rôle actif au sein des organisations multilatérales, offrant ainsi au Sénégal des opportunités supplémentaires de collaboration sur des enjeux globaux tels que le climat, l’innovation et la sécurité.
Dans ce contexte, marqué par une instabilité persistante au Sahel, la Belgique, à travers son engagement au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, peut être un allié clé pour le Sénégal en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Son expertise en formation militaire, en renseignement et en appui logistique pourrait venir efficacement compléter les efforts sénégalais pour la stabilisation de la région. Par ailleurs, grâce à ses programmes de coopération bilatérale, la Belgique soutient des initiatives de développement socio-économique, essentielles pour prévenir la radicalisation et renforcer la résilience des populations locales.
En outre, au-delà de la coopération sécuritaire et diplomatique, les deux pays peuvent approfondir leur collaboration dans les domaines de l’éducation et de la formation professionnelle, en s’appuyant sur l’expertise belge en matière d’enseignement technique et universitaire. Le secteur privé belge, notamment dans les industries agroalimentaires, portuaires et des énergies renouvelables, représente également une source d’opportunités pour l’investissement au Sénégal. De plus, une coopération accrue dans les domaines culturel et patrimonial permettrait de dynamiser les échanges et de valoriser davantage la richesse du patrimoine sénégalais sur la scène internationale.
Par ailleurs, la Belgique est devenue une terre d’accueil pour de nombreux migrants africains, avec une forte présence de la communauté sénégalaise. Bien que leur apport économique mérite d’être évalué à travers des études scientifiques, il est d’ores et déjà considérable. Les migrants sénégalais transfèrent d’importantes sommes d’argent vers leur pays d’origine. Il est également important de souligner que les échanges vont bien au-delà de l’aspect financier, touchant également la culture et les productions intellectuelles. En structurant davantage les liens entre la diaspora et les institutions publiques et privées des deux pays, il serait possible de favoriser les investissements productifs, les transferts de compétences et la coopération décentralisée. Dans cette optique, la Belgique pourrait servir de base avancée pour la diplomatie économique sénégalaise en Europe.
Enfin, il convient de souligner que la Belgique dispose d’une forte tradition de politique décentralisée, notamment à travers les Régions flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale, qui soutiennent activement des projets locaux en Afrique. Au-delà de la coopération étatique, les partenariats entre régions, villes et communes des deux pays constituent des vecteurs puissants de développement et de diplomatie de proximité. Il est donc impératif de structurer davantage les relations entre les collectivités locales belges et sénégalaises. La Belgique pourrait ainsi accompagner les maires dans la conception de collectivités territoriales plus intelligentes et compétitives, capables de fixer les populations et de dynamiser les économies locales. Dans cette perspective, une diplomatie économique renforcée ne pourrait être que bénéfique pour les deux pays.
Cheikhou Oumar SY
Président de l’OSIDEA & Ancien Parlementaire








