À Bergame, en Italie, le Forum Économique de Bergame (11‑13 septembre 2026) a été le théâtre d’un moment fort de diplomatie spirituelle et de réflexion économique. Invité d’honneur et parrain de l’événement, le Khalife général de Bambilor Thierno Amadou Ba a livré un message d’une rare profondeur, appelant à replacer la dignité humaine au cœur des modèles de croissance.
Devant une assemblée composée d’autorités africaines et européennes parmi lesquelles l’ancienne ministre sénégalaise Maimouna Dièye, la députée Awa Dione, et des représentants du FODEM, du FONGIP et de la SN HLM , le guide religieux a plaidé pour une économie fondée sur la solidarité, la responsabilité et le partage.
Son intervention a marqué les esprits par la force du verbe et la clarté de la vision : celle d’une économie sociale et solidaire (ESS) érigée en rempart contre la pauvreté et l’exclusion.
L’humain avant le profit : un sursaut éthique face aux dérives du marché
Dans un monde où la croissance globale coexiste avec des inégalités persistantes, le Khalife a invité les décideurs à une introspection collective. Pour lui, l’économie ne saurait être réduite à une mécanique de profit : elle doit redevenir une science de la dignité et du bien commun.
Son plaidoyer ne rejette pas la création de richesse, mais en redéfinit les finalités : substituer la coopération à l’exclusion, la valeur sociale au gain immédiat, et la solidarité à l’indifférence. Cette approche éthique ouvre la voie à une économie inclusive où les jeunes et les femmes entrepreneures deviennent des acteurs centraux du développement.

La diaspora sénégalaise : levier stratégique du co‑développement
Autre axe majeur de son intervention : la valorisation du rôle de la diaspora sénégalaise. Le Khalife a salué ces « acteurs du développement national » et les a exhortés à structurer leurs ressources autour de projets communautaires durables.
L’objectif : transformer l’épargne des expatriés en investissements productifs, créateurs d’emplois et générateurs de croissance locale.
Ce message s’inscrit dans une vision de diplomatie religieuse pragmatique, où la foi devient moteur d’un engagement civique et économique transnational.
Une convergence public‑privé et internationale au service du bien commun
Le Forum de Bergame a illustré la puissance du dialogue entre spiritualité, action publique et solidarité internationale. La présence d’institutions telles que Caritas Bergame, la Croix‑Rouge représentée par Enzo Kenzi, et l’Association Pangea du Maroc a donné corps à une coalition inédite.
Cette synergie entre acteurs religieux, étatiques et civils esquisse les contours d’un nouveau modèle de co‑développement, fondé sur la paix, la coopération et la responsabilité partagée.
En plaçant la spiritualité au service de l’économie, le Khalife de Bambilor rappelle que la diplomatie peut aussi être morale et inclusive, capable de réconcilier l’éthique et la performance.
Le Forum Économique de Bergame aura ainsi consacré une vision audacieuse : celle d’une économie à visage humain, portée par la foi, la diaspora et la coopération internationale.
Dans un monde en quête de sens, la diplomatie religieuse s’affirme comme un instrument de transformation, capable de relier les peuples autour d’un idéal commun, celui du développement solidaire.
Mamadou SY








