Par le Pr. Amadou Diallo, Directeur du Centre de Recherche en Relations Internationales, Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Lorsque les grandes puissances se retrouvent autour de la table du G20, du Conseil de sécurité de l’ONU ou des sommets climatiques, l’Afrique y est souvent représentée par une multitude de voix discordantes. Cette fragmentation diplomatique a un coût considérable pour le continent.
L’Afrique compte 54 États membres des Nations Unies, soit près du quart de l’Assemblée générale. Pourtant, cette masse potentielle de votes et d’influence est rarement mobilisée de manière coordonnée. Le Groupe africain à l’ONU existe, mais ses positions sont souvent le résultat de compromis à minima qui diluent la portée des revendications africaines.
L’adoption de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) représente un modèle encourageant : des négociations longues et difficiles ont abouti à un accord unique qui parle pour l’ensemble du continent. Cette approche doit être étendue aux domaines de la sécurité, du climat et de la finance internationale.
La réforme de l’Union africaine, avec la création d’une présidence tournante renforcée et d’un service diplomatique continental, est une priorité urgente. L’Afrique ne peut plus se permettre le luxe de la division face aux enjeux globaux du XXIe siècle.








